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La menace de la pollution industrielle

La concentration du potentiel économique sur un espace aussi restreint que celui de la région tellienne s’était de longue date faite sans études prospectives des interférences qui pouvaient avoir lieu avec le milieu récepteur. Ainsi, 2/3 des unités industrielles se repartissent dans la zone  tellienne et 51% de ce même potentiel économique se trouve encastré dans une étroite bande de la zone littorale1.

 

Les entreprises industrielles déversent plus de 220 millions m3 d’eaux usées/an, et environ 600.000 t/an de poussière sont rejetée dans l’atmosphère. Les effluents liquides du secteur de l’agro-alimentaire sont souvent à dominance organique (N, S, Phosphore..) et provoquent ainsi le phénomène de l’eutrophisation des cours d’eaux.

 

Les rejets du textile, du secteur de la mécanique ou encore ceux issus des hydrocarbures, chargés de métaux lourds, de POP…provoquent l’inhibition de tous les processus d’épuration naturelle, et menacent ainsi d’altérer irréversiblement la qualité des eaux souterraines, la faune et la flore aquatique ainsi que la modification des caractéristiques édaphiques des sols situés dans les zones d’épandage. Dans les chiffres, on note un dépassement des normes dans cinq ports pour le mercure, trois ports pour le plomb, quatre pour le cuivre, et pour le zinc et un pour le chrome.

 

Les différents rapports du MATE notent pour les HCT, des pics qui dépassent de loin les normes de rejet et ceci dans la quasi-totalité des grands ports2. Quant à la pollution microbienne, ils sont cinq ports à dépasser les 100.000 E. coli/100 ml2 (valeur seuil retenue pour la pollution microbienne). Les estimations des paramètres globaux de la pollution font état d’une charge polluante annuelle de l’ordre de 55000 t de DBO5, 134000 t de MES et de 8000 t de matières azotés (ces dernières sont responsables du phénomène d’eutrophisation des milieux aquatiques) 1.

 

Plus de 325000 t de déchets spéciaux sont générés annuellement par le secteur industriel dont plus de 200 000 t non traités Déchets industriels spéciaux générés 325100 t/a. la quantité de déchets industriels spéciaux stockés est évaluée à 2 008 500 t. Selon les estimations du MATE, 760 000 t de déchets sont récupérables annuellement. En 2005, la quantité des déchets industriels produite en Algérie était de l’ordre de 1,5 millions de tonnes assimilables à des déchets ménagers3.

 

Pour se conformer avec ses engagements internationaux, notamment la réduction des SAO, les prévisions de consommation des produits (CFC, Halons) importés par l’Algérie devraient passer de 6768 t en 1996 à 3721t en 20101.

 

En l’état actuel de la logistique, du cadre législatif environnemental et du  manque d’une base de données crédibles à l’échelle nationale, l’estimation des  émissions du SO2, de poussières, d’oxydes d’azote, des COV et de vapeurs de métaux lourds, n’ont fait l’objet que d’approche purement empirique et approximative. Près de 100 millions de tonnes de CO2 sont émises annuellement en Algérie. Si la tendance à la dégradation de l’environnement continuerait dans la même cadence, les coûts de dommages qui seront induits par le secteur industriel ont été estimés à prés de 2,0% du PIB, soit environ 850-950 millions de USD (RNE et du PNAE-DD).

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