Tunisie: Bilan environnemental national
Des réalisations à la mesure des ambitions
Les investissements que le XIe Plan (2007-2011) consacre à l’environnement s’élèvent à quelques 5,6 milliards de dinars (environ 2,4 millions d’euro). Investissements qui ont favorisé, entre autres, le développement du réseau national de suivi et de contrôle de la qualité de l'air, assuré actuellement par 20 stations, la généralisation des prestations d’assainissement en milieux urbain et rural, avec un taux de raccordement aux réseaux publics qui atteindra les 91% à la fin de 2011, ainsi qu'une judicieuse gestion des déchets solides. A ce propos 8 décharges contrôlées sur 9 prévues et 22 centres de collectes sur 40 ont été aménagés. L’entrée en service de ces installations permettra le traitement de 800 mille tonnes de déchets par an, soit 45% de la production totale d’ordures ménagères dans tout le pays. Le taux de déchets acheminés vers les décharges contrôlées s’élève à plus de 85%. Par ailleurs 786 quartiers populaires ont été assainis jusqu'à fin septembre 2009.
Pour ce qui est de la protection et de la bonne gestion des ressources naturelles, les efforts de la Tunisie, qui est classée 1ère en Afrique et dans le monde arabe en matière de la qualité de la vie, se sont focalisés notamment sur la mobilisation optimale des eaux mobilisables et la maîtrise et la gestion durable des ressources hydriques sans parler des résultats substantiels réalisés par la finalisation de vastes plans d’action de lutte contre l’érosion génique, d’intégration de la biodiversité, de protection des écosystèmes et de mise en place des cadres institutionnel, législatif, de formation et d’information. Une banque nationale de gènes a été créée en 2007 pour la conservation des ressources géniques et leur protection contre la disparition et l'on compte créer au cours des années à venir 20 zones protégées dont 9 parcs nationaux et 11 réserves naturelles.
S’agissant d’espaces verts, leur ratio par habitant n'a cessé de s’améliorer pour atteindre 14,65 m2/habitant au cours de la saison 2006-2007, contre 13,85 en 2005-2006. La lutte contre la pollution est également un des axes de la stratégie nationale visant à garantir le droit du tunisien à un environnement salubre et à un développement durable. Et les réalisations ne se comptent plus dans ce domaine partout dans le pays, à Sfax (projet de Taparura), à Gabès (rejets de phosphogypses), amélioration de la situation environnementale du bassin versant du Lac de Bizerte, dépollution du bassin minier de Gafsa et mise en place d’un plan intégré et cohérent pour la réhabilitation de sites pollués prioritaires, dont le Golfe de Tunis, Sfax-sud, la zone de la Skhira et le Golfe de Gabès.
Sur un autre plan le Fonds de lutte contre la pollution a contribué au financement de 450 projets de lutte contre la pollution, de collecte et de recyclage des déchets, ainsi que de projets faisant appel à des technologies propres. Ces interventions ont nécessité l’octroi de subventions d’un montant de 27,4 millions de dinars, pour des investissements de l’ordre de 137 MD.
L’encadrement technique des entreprises désireuses d’obtenir la certification internationale ISO 14.001 s’est, lui aussi, poursuivi. Ainsi 50 entreprises tunisiennes ont accédé à cette distinction. Une assistance technique est, en outre, fournie aux entreprises en matière de gestion saine de l’environnement et de formation dans ce domaine.
Défis et projets
A ce jour, les menaces et autres défis restent nombreux malgré les importants et louables résultats atteints en matière de protection de l’environnement. A cet effet on envisage la dépollution de certaines régions, comme Gabes, Sfax et Bizerte, ainsi que des activités industrielles par la mise en place de systèmes optionnels de gestion écologique devant toucher 500 entreprises à l'horizon 2014, outre l'introduction de programme de production propre au sein de certaines unités du secteur industriel qui consomme 36% de l’énergie finale globale en Tunisie.
En effet les études ont montré qu’environ 1000 entreprises industrielles sont polluantes, dont 70 % sont classées comme très polluantes parmi lesquelles 49 % du secteur agroalimentaire, 17 % du secteur de l’industrie chimique et 13 % du secteur du textile et de l’habillement. Par ailleurs, 65 % des entreprises polluantes évacuent leurs eaux usées dans le milieu naturel sans aucun prétraitement à raison de 100 m3 par jour pour chaque entreprise. 20 millions de m3 d’eaux usées industrielles sont ainsi évacuées annuellement dont 15 millions de m3 qui ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur.
Face à cette situation, les entreprises tunisiennes doivent suivre une démarche de mise à niveau environnementale basée sur un ensemble de procédures et des mesures matérielles et immatérielles en vue de se conformer aux exigences et aux spécifications notamment des partenaires européens et mondiaux.
S’agissant du défi de l’économie d’énergie, notamment fossile, qui a atteint un taux de 20%, il a été programmé de réaliser un taux de 10% d'exploitation des énergies renouvelables pour la production d'électricité d'ici 2011 ainsi que la valorisation des déchets organiques pour qu’ils produisent aussi de l'électricité (l'équivalent de 100 mégawatts). Par ailleurs des études sont en cours pour la création de trois centres de stockage et de transformation des déchets industriels et ménagers au nord (Bizerte), au centre (Sfax) et au sud (Gabès).
Le problème des eaux usées est un autre défi à relever et l’extension de leurs réseaux permettra d'augmenter le taux de raccordement aux services d'assainissement de 89,3% à 90,4 % à la fin de l'année en cours. Quant à leur taux de réutilisation de 30 % actuellement, il passera à 50 % avant fin 2014 dans certaines activités agricoles et les secteurs de l'industrie et du tourisme. Et pas moins de 8000 hectares de périmètres irrigués par les eaux traitées seront créés.
La lutte contre la pollution est aussi un défi permanent et des programmes ont été mis en place pour limiter la pollution de l’air et les gaz polluants en particulier ceux affectant la couche d’ozone et les gaz à effet de serre. Ces programmes permettront à la Tunisie de se doter d’une stratégie nationale intégrée visant d’une part, l’adaptation au changement climatique, et d’autre part, la contribution à l’effort mondial de réduction des émissions de gaz à effet de serre par la mobilisation des opportunités offertes à l’échelle internationale, particulièrement le mécanisme de développement propre. Dans ce contexte, et depuis l’instauration du bureau de l’Ozone à Tunis, 44 projets d’élimination des gaz affectant la couche d’ozone ont été engagés, permettant ainsi l’élimination de plus 1000 tonnes de CFC utilisés dans les industries frigorifiques et les aérosols, et constituant environ 90% du stock national de ces matières.


